mercredi 12 mai 2010

J'ai lu ça...No 2



Deuxième compte-rendu de lecture donc et cette fois c'est un plaisir...

Voici un petit roman de 25o pages paru en 1934 à la NRF...si vous voulez des renseignements sur l'auteur:


La Nouvelle Arcadie
commence comme une histoire campagnarde légère. Ca se passe en Touraine dans un petit village, Saint-Mard près de Loches; il est peuplé de braves gens qui vivent à l'ombre d'un château abandonné aux ronces.

Un chaud matin de juin , ils voient passer dans la modeste rue principale une troupe de personnages débarqués avec armes et bagages du train à quelques kilomètres de là, ...ils ne sont pas frais.
Ô surprise, ils s'installent au château afin d'y fonder "la nouvelle Arcadie" où triomphera "l'IDEE"...tentative de communisme à 17 bras cassés qui vont plus palabrer et débattre qu'agir. tout ceci sous l'autorité de Natalie une jeune soviétique envoyée par sa mère Patrie pour éduquer les français à "l'IDEE"...

Ce qui devait arriver arriva, un jeune villageois Martin Paul tombe sous le charme de la demoiselle et adhère donc à l'IDEE...voyez-vous...

Ajoutez une grosse dame très riche, un ingénieur, un chimiste (qui va calculer le nombre de calories à attribuer à chaque "constructeur"), de grandes ambitions avec un PLAN ...une NEP...juste le temps que tout démarre, on pourra aller au village acheter des sardines... faut bien manger des calories...pas de plaisir!
Dites, ça ne vous rappelle rien?

Au début on dirait Vieille France de ce cher Roger Martin du Gard et puis...ça dégénère.

A noter des références au contexte de l'époque, l'Allemagne qui commence à faire peur, un antiparlementarisme de bon ton avec l'épisode du ministre "qui parle à droite, pense à gauche et agit au centre" et visite ce paradis communiste où l'on dort en commun, jamais 2 nuits de suite dans le même lit, où rien n'est à chacun et tout à tout le monde (même les brosses à dents), où chacun travaille pour tous au le succès du plan, même les jours fériés!...Le bon ministre compare avec le vrai paradis communiste qu'il a vu durant un voyage en URSS qu'il a effectué entre deux portefeuilles, car fallait bien faire quelque chose. Là-bas il a eu droit à du caviar à la louche, tellement qu'il en est revenu malade, de beaux hôtels...etc ...eh ici bien il est déçu! ...mais est "de tout coeur avec eux", leur lance-t-il de sa limousine qui passe le portail dans un nuage de poussière.

Enfin un bon petit livre à lire en parallèle avec le Retour d'URSS de Gide qui est de la même époque.

Merci et à bientôt.

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